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11.09.2007

BAGES D'AUDE : VILLAGE DE PÊCHEURS ET D'ARTISTES

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J'ai connu Bages d'Aude dans des circonstances, pour moi, privilégiées. Dans l'effervescence artistique qui avait présidé à la création d'un groupe éphémère "Renaissance" autour de mon ami le peintre Jean-Philippe CLUZEAU et d'un admirable faiseur de collages Patrick ANDRIEU.
Nous avions été invités à un vernissage, je pense à la Maison des Arts,falaise d'où l'on domine l'étang et ses ilôts, les oiseaux marins venant s'y reposer.L'apéritif y est toujours agréable: la nuit qui tombe, les lumières artificielles qui excitent le regard dans l'air rafraîchi par le vent de l'été. On respire après la touffeur, le bien-être gagne,libéré encore par le muscat givrant le verre.
Patrick ayant imprudemment montré ses collages, il fallut le consoler, une réflexion l'avait fait s'effondrer : on osait comparer son travail à du Dali!
Plus qu'une susceptibilité d'artiste c'était l'homme qui était peiné, la comparaison nie celui auquel elle s'adresse...

Bien des fois je suis revenu à Bages, flânant sur l'embarcadère de l'étang, près des filets qu'étendent partout les pêcheurs. Des bateaux; avant-pauvreté oblige- ils étaient peints aux mêmes couleurs que les volets de la maison, les femmes pouvaient surveiller l'embarcation de leur mari...
C'était le village de la poisonnière de ma mère, Mme MARTIN, qui confectionnait des bourrides d'anguilles, sans doute, le poisson le plus noble de l'étang.
Des restaurants proposent les pêches de l'étang, en ajoutant au charme de ce village perché et de ses étroites ruelles qui montent vers l'Eglise.La petite place est sympathique.
Paysage trop de fois peint par des aquarellistes pas toujours inspirés; peut-être est-ce pour cela que les deux galeries d'art: "La Maison des Arts" et "L'étang d'Art" se spécialisent dans l'art moderne...
Un art qui trouve,ici, un cadre où il peut être reçu, sereinement.
Oui, c'est bien sérénité qui correspond à ces soirs d'été, où l'on reprend un souffle à soi, comprimé durant la journée par les mouvements importuns des foules sur le sable brûlant des plages ou dans les rues des cités occitanes aux odeurs d'asphalte fondue.

Dans la nuit, la lune sur l'étang...
Michel Sidobre