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14.11.2007
MEDITATION SUR LES FEUILLES D'AUTOMNE

Au cours de mes promenades ou de simples trajets en ville, il m'arrive de regarder, non seulement le soleil levant à l'horizon qui m'aveugle dans la perspective ouverte entre la rue Littré et celle de Félix Aldy mais banalement par terre.
Ce n'est pas mon habitude car je me régale souvent des toits et des façades, perpectives peu habituelles aux piétons pressés qui ne savent pas vraiment après quoi nous courons ...sinon leurs pas seraient plus mesurés.
On y découvre des bas-reliefs, des vasques, des toits-terrasses et des décorations sommitales du plus pur XIX ème siècle quand se plaçaient ainsi les dodus revenus de la vigne.
Sur le trottoir, les feuilles.
Les larges et opulentes feuilles de platane, composition aléatoire en tout état de décomposition;parfois le vent recompose un motif...
Mes pas se posent, l'un après l'autre, les évitant ou ne l'essayant même pas pour cause de leur nombre ou de mon humeur du moment.
Quand vient la pluie, craignant la chute, mes pieds précautionneux cherchent à les éviter.
Parfois, rien, les souffleurs des employés du petit matin viennent de les chasser sur l'avenue afin qu'elles soient avalées en masse par un aspirateur..
Quand aux feuilles que l'on prend plaisir à piétiner, elles sont feuilles de l'enfance.. D'autres feuilles, dans la vaste allée du vieux Lycée Chaptal, à Mende, feuilles de marronnier d'Inde qui brûlent dans l'automne où les guêpes lassées des frimas viennent mourir au ras de l'humus qui vient...
Feuilles d'aujourd'hui que celui que je suis devenu ne regarde plus guère, n'ayant plus à choisir les plus belles d'entre elles pour les offrir à sa maman chérie..
L'enfance est là pourtant, toujours renouvelée, toujours émerveillée d'une petite main tendue par un désir d'en amasser grand nombre...
Mais dans la feuille qui en moi se meurt, je ne puis qu'en faire une photocopie: art facile à ma portée de piètre dessinateur, feuille qui se découpe du deuil de bien des feuilles perdues...
Michel Sidobre
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