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18.12.2007

SYMBOLIQUE DE LA GUILLOTINE

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La guillotine est une invention nationale, invention humaniste qui permit d'exécuter dignement ceux qui passèrent leur cou en son orifice.
Je crois - si ma mémoire ne me trahit pas- que le bourreau de Marie Stuart qui procédait à la hache dut s'y reprendre à plusieurs reprises avant d'arriver à détacher la tête.

Ce symbole de décapitation semble avoir la valeur de détacher la tête, siège de mauvaises idées en l'occurrence, du reste du corps, l'individu ne pouvant être rééduqué.

Et finalement, il y a plus d'humanité à en finir proprement avec un adversaire plutôt que de le livrer des années aux pressions d'un camp de rééducation comme cela s'est vu dans l'histoire contemporaine.
Affaire de goût, me rétorquera-t-on.

La guillotine instrument de l'Etat révolutionnaire: la Nation, devait agir à grande échelle, contre des ennemis intérieurs voulant continuer leur oppression du peuple. Les criminels étaient des criminels contre l'Etat, donc contre les Droits de l'Homme.

Il était juste que les exécutions soient publiques, renvoyant au peuple l'approbation du jugement; les cris et les supplications, le sang, lavant les souffrances accumulées dans un sain épisode cathartique.

Malheureusement, la guillotine qui avait "abreuvé nos sillons, d'un sang impur", tomba en désuétude et ne fût plus utilisée que pour des exécutions de crimes crapuleux ou gratuits, l'exécution publique devenant quasiment l'exhibition publique d'une affaire (comportant des motifs privés) et donc devenant quelque chose de pervers et malsain.

De plus, le caractère individuel des exécutions changeait la nature de l'acte, cela devenait un quasi-crime, exercé, il est vrai contre un criminel, parfois aussi contre un innocent.

Il paraît donc juste de limiter l'utilisation de cet instrument, beau, élancé et précis, aux seuls crimes contre notre Etat.

La guillotine reprendra-t-elle, un jour, du service?

Le fait est que sa silhouette de bois, libératrice des opprimés, belle et métallique comme une statue, se dresse fière comme l'arbre de la liberté qu'elle est, prête à se dresser à nouveau contre ses ennemis.

Michel Sidobre

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Commentaires

Question 1 :
La vie d'une personne est-elle conditionnée par la nature de l'éventuel crime qu'elle a commis ?
Question 2 :
Si le crime crapuleux ou celui pathologique sont intimement liés à la personnalité qui les commet, le crime d'état, dans sa définition comme tel, n'est-il pas plutôt le produit d'une subjectivité sociétale. La "saine catharsis" qui donnerait meilleure acceptabilité au verdict suprême lui oterait-il sa profonde inhumanité, son intélorabilité ?
Question 3 :
Les modalités dans l'accomplissement d'un acte(criminel ou punitif) modifient-elles la nature de ses conséquences ?

Ecrit par : Herrera Albert | 19.12.2007

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