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26/01/2017

Michel SIDOBRE : Les huîtres dans mes recueils...

Huîtres Michel Sidobre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Les huîtres dans les recueils

de Michel Sidobre

 

Disponibles à la FNAC :

http://www.fnac.com/Michel-Sidobre/ia792123

 

 

 

Dans « A vive-vie » :

L’huître

 

Je laisse glisser dans sa coupe blanche

La corolle marine détachée au couteau

De l’huître des étangs.

 

Savourant, en repoussant sur la langue

Deux ou trois éclats calcaires,

La salinité sauvage

De son jus, de sa chair.

 

Je m’en remets au réconfort

De notre Mer d’Azur,

Rêvant d’agapes amicales

Dans un restaurant de poissons…

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans « Aurores du Sud »

Coin de cuisine

 

L’huître,

Au bord de l’évier

Dégustée

Est de loin

La Meilleure…

 

Son jus salé et iodé

Sa chair tendre et pulpeuse

Sont la Grande Mer

Elle-même :

La Méditerranée.

 

Alors, je me sens

Vivre,

Alors, je me sens

Aimer…

 

Dans « Chemin de vie »

Méditerranée

 

Ma Méditerranée baigne le monde entier,

C’est elle l’Atlantique et l’Océan Indien,

La Mer Noire oubliée, quasi évaporée.

 

Je communie en l’huître, aspirant son

liquide,

Et, sur les marchés flâne, respirant les

olives.

 

Le soleil est son homme, ardent et dardant

ses rayons pour que, les jours d’été, ses

flots somptueux bleuissent comme un parfait

outrage.

 

Elle est de tous les âges

Et demeure, divine entité,

Pour que les hommes meurent

 

Et se succèdent en elle :

La belle aux fleurs salées.

 

Dans « D’ici & d’ici »

A l’abri des volets

 

Protégé de l’après-midi d’été,

Je prends deux huîtres bien au frais

Et œuvre avec mon couteau

Au-dessus de l’évier.

 

J’ouvre les coquilles

Et happe liquide et substance flasque :

Fraîcheur et régénérescence !

 

Au passage, ma langue effleure

L’extérieur de mes pierres marines :

Le goût des champignons

Et des feuilles d’automne

Vient me sauver

Hors du temps actuel…

 

Dans « En homme libre ? »

De la vache à l’huître

 

Improbable lien

De la vache à l’huître

Que me fait goûter

Ce beurre ranci.

 

 

 

 

 

 

 

Dans « Et pourquoi pas Narbonne ? »

Divine Montgolfière

C’est une montgolfière entre le bleu du ciel et le

bleu royal de l’étang de Thau, rythmé par les bois

mouillés des parcs à huîtres.

Une fière montgolfière qui attend les gourmands

dans la salle en pierres apparentes, chauffée par

l’âtre et rafraîchie par les courants d’air à la

« Brasucade » de Mèze, un restaurant que je

pratique, aussi souvent que je le peux, depuis

maintenant trente ans.

Edifice culinaire dont le feuilletage en dôme gonflé

culmine au-dessus de son piédestal : un bol en

terre de blanche céramique luisante.

C’est le plaisir des yeux.

Puis, la cuillère entre en action brisant la croûte

chaude et découvrant le mou de la pâte un peu cru,

de fromage fondu.

L’on immerge alors le craquant et le mou dans le

velouté aux crustacés poivré copieusement où l’on

vient à pêcher, au hasard, fermes queues de

crevettes et coquilles Saint Jacques aux coraux

rutilants.

C’est le plaisir de bouche et surtout, quand, de

transe, le liquide en vient, exacerbant l’extase, à

dégouliner fuyant les commissures et puis à se

répandre sur la surface offerte, plus bas, par le

menton.

La serviette intervient selon les us de table, arbitre

du bon goût, de la modération.

Puis le rosé bien frais vient combattre de

l’assaisonnement les excès tempétueux, et rendre

au velouté ses arômes marins…

 

 

 

 

 

 

 

Dans « Face à l’Eternité » (disponible sur Amazon)

La bonne toux

 

Quand le bec a versé

Le vinaigre maison

En la moule ouverte,

La première, la toute première,

J’aime ma toux

Qui salue ce repas,

Dans la cuisine

Où je mange…

Et vite boire du vin coupé à l’eau…

 

…Ou dans un restaurant

A Sète,

Tirée d’un plateau monstrueux,

Accompagnée de vinaigre à l’échalote,

Quand les moyens

Me le permettent.

Et toujours avec du vin coupé à l’eau

Malgré le poids des usages

Gastronomiques…

 

 

 

De la planète bleue

 

Manger six huîtres à Mèze

Et repartir en regardant

L’étang de Thau,

Devant le Mont Saint-Clair…

 

…Ses parcs sur l’eau

Bleu foncé,

Sous un ciel terrestre

Où il fait si chaud.

 

Ma vision saturée,

Ce goût sauvage d’iode

Que l’on ne cherche pas à réduire…

 

Qu’il est dur d’avancer

Vers l’anéantissement…

Ne plus voir, ni goûter

Les fruits de ma terre marine.

 

S’il existait un Paradis

A l’image de l’Etang

De ma vie !

 

 

Dans « Pur Sud »

 

Pur Sud

 

Mon « Pur Sud »,

C’est le vent, le soleil,

Et pendant les temps gris

L’attente du soleil…

 

…Les huîtres et les moules,

Escargots et olives

Des repas amicaux.

 

Mon « Pur Sud »

Bien à moi

Qui vibre

A travers moi…

 

 

 

Michel SIDOBRE

Les recueils de Michel Sidobre à la FNAC

Voix vivante de Méditerranée

Michel Sidobre Acteur

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