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05/08/2009

MORT D'UN PHILOSOPHE...

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C'est aux vivants à parler des disparus afin d'évoquer en une fragile vibration sonore ou en des traces numériques quelque chose d'une corporéité vécue, de sentiments éprouvés au contact de l'autre.

L'autre, celui qui constitue, avec le soi vivant, une des interrogations de la philosophie, de l'interrogation humaine sur laquelle cheminait Alain DELSOL...

Je ne le connaissais, pour ma part, que des impressions laissées aujourd'hui, par quelques rares côtoiements , dans des associations, notamment à Léo Lagrange où il donnait des conférences, l'hiver dernier à la Poudrière de Narbonne où il lisait ses textes sur Gruissan avec Simone Salgas, Grotti et moi-même...

Nous nous étions retrouvés au Banquet du livre à Lagrasse: il fréquentait, sans excès, tous les lieux de culture, sans doute afin d'apprendre et de transmettre...

Il faisait partie des lettrés d'ici, qui n'existent sans doute plus au Nord de la Loire - encore que je ne sais pas jusqu'où allait sa notoriété - mais qui contribuent, jour après jour, à créer et recréer notre culture du Sud, ouverte au monde.

Son ouverture privilégiait l'Orient, c'était son chemin vers la lumière...

Il avait des projets de transmission, de tradition, il devait, entre autres, avec Stéphane Kowalczyk, réaliser un film avec des personnes âgées de Gruissan, autour des recettes traditionnelles de cuisine de ce village de pêcheurs...

J'appréciais son calme apparent, sans doute fruit d'une grande maîtrise, car comment ne pas penser à une nature plus complexe derrière sa recherche et sa fécondité intellectuelle...

Ce qu'il a écrit nous restera, son souvenir également, celui d'une silhouette de grande stature...

Michel Sidobre

07:18 Publié dans Spleen | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alain delsol