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20/10/2008

D'UNE INFINIE REVOLTE...ALAIN DUBRIEU

Avant de me lancer quelque peu dans l'écriture, j'ai d'abord lu et suivi ces merveilleuses émissions de télévision :"Lectures pour tous", "Apostrophes".

C'est ainsi que je vis pour la première fois celui que je devais découvrir comme un grand escogriffe, en fait une charpente costaude plus qu'un étirement vertical, avec une gueule de griffon et un accent provençal qui lui donnait beaucoup d'humanité: Alain DUBRIEU, en fait Alain Vallé à l'état-civil et NAVLIS, entre autres, dans les récits érotiques de "Média 1000".
Il présentait devant Bernard Pivot, "Le désert de l'iguane", résultat de plusieurs années d'enfermement en prison après une attaque à main armée.

Alain était un leader des révoltes des prisons dans les années 70: il est d'ailleurs dommage qu'aucun homme politique ou financier n'ait été incarcéré depuis longtemps car après Le Floch et compagnie, je pensai naïvement qu'on allait étudier plus humainement et plus rationnellement le sort des prisonniers.

Il m'encouragea à écrire ( piqua, avec mon accord quelques feuilles dans mes écrits, et quelques phrases d'un récit qui se glissèrent par inadvertance alors que je n'aurais pas été d'accord, ce n'était pas grave).

N'ayant pas d'inspiration pour écrire sur Berlin, il m'incita à bouger: ce fut "Colombe" paru dans la revue de Perpignan :" Le Hangar Ephémère".
Hangar tenu - je l'ai découvert récemment- par le frère de ma compagne d'écurie chez l'éditeur "Les temps d'art Graphique" : Simone Salgas.

Je lui dois d'avoir poursuivi ce chemin, à lui, le brigand qui ne souffrait pas l'injustice...

Je le vis bien des années après gagnant 300 euros, je crois, chez Julien Lepers et tirant sa révérence...

Tellement que peu après, lisant un journal de Montpellier, j'appris sa mort par hasard.

Je me souviens de ses bouquins qu'il m'avait offerts et que je ne possède plus :"Haine comme Normal" qu'il avait dédicacé pour mes parents, un autre dont j'ai perdu le titre,etc.

Je lui dois comme ce que l'on doit à tout homme et à tout écrivain : finalement, beaucoup.

Michel Sidobre